Historique

1985
Jean-François après avoir terminé ses études supérieures d'industrie laitière et 4 ans de travail en industrie, décide de reprendre une exploitation agricole pour y produire et transformer son lait.
Il rêve qu'un jour il fabriquera un fromage.
Une petite exploitation agricole se libère à LANFAINS ( sa commune natale )
elle compte 16 hectares de terres cultivables, d'anciennes étables à vaches, une petite maison d'habitation et ... rien d'autre.
Rassemblant toutes ses économies ( et celles de la famille ), Ukraine  !  la première vache de race Normande peut faire son entrée dans la ferme.
Et il trait, à la main, le matin, le soir et le lendemain...
Les voisins l'aident un peu pour cultiver la terre, la laiterie lui prend son lait, tout le monde chuchote, que peut-il bien faire avec une vache?
Et puis, un jour de mai 1986, le supermarché voisin accepte de lui commercialiser ses premiers yaourts.
2, 3, 4, ... vaches viennent compléter le troupeau, d'autres magasins acceptent également, "Du yaourt fermier, pourquoi pas !"

 

 

 

 

1987
Il commence à y avoir du travail pour Jean-François, lever 4H00, petit déjeuner copieux et le voilà sur les routes des Côtes du Nord. A 7H00 retour pour la traite, 9H00 en fabrication....
C'est décidé, "j'embauche mon premier salarié", Patrick ( qui est toujours là ! ).
Cette année là, 167.392 yaourts nature fermiers au lait entier sortiront de la ferme, correspondant à 20.824 litres de lait produit par 5 vaches Normandes.
Septembre 1987, premiers essais de fabrication du lait Ribot fermier.
Octobre 1987, 1823 litres de lait ribot fermier seront commercialisés.
Jean-François investi dans une fourgonnette (Française !) d'occasion pour augmenter le rayon d'action de sa distribution.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1988
Une petite année somme toute très banale, l'exploitation continue d'acheter quelques vaches au fur et à mesure du développement de la commercialisation des produits, l'étable (un ancien poulailler) se remplit, il y a 17 places en tout.
Jean-François achète un petit tracteur et les premiers essais d'ensilage de maïs sont entrepris pour la nourriture des bêtes en hiver, mais aussi pour enrichir la qualité du lait et des produits.
Cette année là, 34.423 litres de lait ribot, 189.868 yaourts seront commercialisés à la nouvelle marque de la ferme : "Le Craulois" (les résidents de la Craulée).
Le troisième produit : " les cailles " fermières, ( à ne pas confondre avec l'oiseau !) sont lancées dans le circuit au mois de Juillet.
Les techniques de fabrication apprises à l'école sont mises à rude épreuve, il faut avant tout fabriquer avec les moyens du bord, mais le produit respecte parfaitement les exigences de la tradition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1989
La progression est bonne mais les intentions de Jean-François ne s'arrêtent pas là. Il faut réussir à transformer tout le lait que peut produire l'exploitation, à savoir 203.000 litres autorisés par la législation sur les QUOTAS laitiers.
Cette année là, 58.394 litres de lait ribot, 127.604 yaourts et 9597 cailles seront commercialisés.
Le petit dernier, qui n'en est pas un : le yaourt nature en pot verre fait son apparition dans la gamme au mois d'avril.
L'été 89 est un peu difficile, il y a trop de travail et cela risque de nuire à la qualité.
Jean-Pierre, le second ouvrier est embauché au mois de Septembre ( il est toujours là lui aussi ! ).
L'étable ( entravée, pour les initiés ) se remplit toujours, nous en sommes à 14 laitières.
La fin de l'année sera plus calme, il faut souffler un peu de temps en temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1990
ag00078_.gif (2887 octets)Une année décisive.
L'étable est complète, 17 Normandes produisent un peu plus de 100.000 litres de lait. Le matériel utilisé est vétuste, il faut envisager d'investir lourdement pour une évolution saine. Jean-François va proposer une association avec un de ses voisins spécialisé dans la production laitière.
En février, naissance du GROUPEMENT AGRICOLE D' EXPLOITATION EN COMMUN LE CRAULOIS. Pierre, son associé prendra en charge la production du lait et les cultures, Jean-François pourra alors se consacrer entièrement à la fabrication et à la commercialisation des produits fermiers.
Les deux troupeaux sont regroupés (un peu de sport!) dans la stabulation de Pierre, plus moderne et plus spacieuse ( à logettes, avec une belle salle de traite, quel luxe ! )  que l'on profitera quand même pour agrandir quelque peu.
Le troupeau passe à 35 laitières et la suite, avec un potentiel de production de 420.000 litres de lait par an.
Le nouveau G.A.E.C. fait l'acquisition d'un joli ( mais très vieux ) camion citerne de 6.000 litres pour ramener chaque jour, le lait de la salle de traite à l'atelier de transformation.
Cette année là, beaucoup de produits seront commercialisés...
Au mois de Juin, des yaourts au lait entier aromatisé à la vanille sont proposés aux clients, on reste dans l'ultra frais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1991
Nouvelle étape pour le nouveau G.A.E.C. Le Craulois.
Le circuit de commercialisation doit prendre de l'ampleur, car la demande existe, mais il faut livrer la marchandise pour pouvoir la vendre.
Jean-François passe déjà une bonne partie de la journée sur les routes avec la petite camionnette aménagée en isotherme. Un camion réfrigéré serait mieux adapté au travail mais cela coûte très cher et il faut remplir le camion pour rentabiliser l'investissement.
Sur la route, lors des petits ( tout petit ! ) arrêts café, coutumiers des livreurs, Jean-François fait la connaissance d'Alain.
Alain  lui aussi, s'était installé à son compte en 1985 comme distributeur pour différents produits laitiers de différentes marques.
"Tu assureras la distribution des produits laitiers fermiers "Le Craulois" si tu es d'accord. Tu me vends ton vieux camion frigorifique et je te livre nos produits tout frais tous les soirs."
Le nouveau produit de l'année : le flan aux œufs nature. C'est parti !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1992
Je produis, tu transformes, il vend... nous résumons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1993
Je prod.....
Le nouveau produit de l'année : la faisselle fermière au lait entier. Quel boulot !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1994
Rien de neuf mis à part quelques détails.
Jean-François, Pierre, Patrick, Jean-Pierre, Alain, quelques stagiaires, la petite ruche s'active.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1995
La production du GAEC Le Craulois est à son apogée , l'étable de 60 places est complète la production de lait est de 420.000 litres dont 380.000 litres transformés et le reste vendu en laiterie.
Les objectifs, cette année là sont recentrés sur la production de lait. Améliorer la qualité fromagère par le mode d'alimentation du troupeau.
L'assolement des terres ( la rotation des cultures ) est revue. D'avantage de céréales (blé orge et avoine) transformés en complément d'une ration d'herbe fraîche et de maïs ( les mauvais jours d'hiver ).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1996
Rien de neuf, une vingtaine de petits veaux naissent chaque année à la ferme, l'atelier de transformation manque un peu de place pour envisager la création de nouveaux produits.
Des nuages sombres pointent à l'horizon... les normes Européennes... on en parle.
Jean-François est ombrageux !
Mettre l'atelier de transformation aux normes Européenne est un chantier trop important, il faut tout reconsidérer, car un tel investissement ne peut être mis en œuvre sans déstabiliser l'ensemble de la structure.
On réfléchit dans le petit bureau du GAEC.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1997
On réfléchit toujours au petit bureau du GAEC.
"Nous allons convertir notre production à l'agriculture Biologique, cela pourrait relancer les ventes..."
Jean-François ronchonne ! non ! ce ne sera pas l'agriculture biologique qui nous sortira d'affaire, nous sommes des fermiers, nous fabriquons du fermier, nous resterons des fermiers!
Un copain ( salut François...) lui propose un peu de capitaux pour l'aider à construire une laiterie flambant neuf mise à disposition du GAEC.
OK ! pour la laiterie, on se prend à rêver de ce bel outil neuf.
Jean-François est un peu moins "ronchon", mais il y a comme un petit quelque chose dans l'air qui ne le satisfait pas. Un peu de découragement je crois, tout cela manque singulièrement de motivation.
Une année se passe, les plans sont presque établis, la vie suit son cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1998
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie neuve ? où en est-tu ?
Les plans sont prêts, la banque aussi, on attend encore un peu... quelques détails à régler...
Jean-François ronchonne toujours, il manque toujours ce petit quelque chose...
Entre temps, le travail continue, rendez-vous est pris avec le laboratoire d'analyses bactériologiques.
"Vous nous assurerez le suivi régulier de la qualité bactériologique de nos produits, vous venez quand vous voulez, au hasard mais régulièrement, vous nous prenez quelques échantillons de produits que vous analysez."
L'attente est longue pour les résultats. Le verdict tombe : "conforme à la législation en vigueur".
Bon, nous travaillons bien mais ça n'est jamais acquis.
Une grande inquiétude envahit le GAEC, Pierre, l'associé de Jean-François, reste malade, une longue maladie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1999
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie neuve ? où en est-tu?
Les plans sont prêts, la banque aussi (?), on attend encore un peu... quelques détails à régler...
Jean-François ronchonne encore.
Au mois de Juillet, Pierre décide de quitter le GAEC, son état de santé ne lui permet plus d'assurer son travail.
Merci de tout cœur Pierre, le parcours que nous avons fait ensemble a été fantastique, merci encore!
...
Jean-François reste seul au GAEC, enfin presque, il y a Patrick, Jean-Pierre et Janick, Janick ???
Oui, Janick a rejoint l'équipe on ne sait plus très bien quand, ni comment, peu à peu...
"Je vais t'aider dans la commercialisation de tes produits, cela me plaît beaucoup, tu es un homme franc, tu as des produits de qualité et de caractère, ils ont leur place dans les rayons mais tu ne sais pas très bien y faire pour les y mettre. Il faut revoir le "packaging", le "marketing" , le "merchandising" et les tarifs aussi".
"OK, Janick, tu revois tout ça, mais tu n'oublies pas que nous faisons des produits fermiers, que nous y tenons énormément."
Tien, voilà la sécurité (sanitaire). Bon, c'est quoi ça encore ?
Quelle année, allez on continue...
"C'est bien de faire des analyses de tes produits..."
(c'est Sylvie qui parle, une copine de François, si, si, celui qui a voulu apporter ses capitaux pour construire la laiterie... Quelle laiterie ?)
"... mais si tu as un problème, il est déjà trop tard, ils sont déjà dans le circuit et tu dois les retirer".
Bon alors ?
"Alors, tu mets en place la méthode H.A.C.C.P. ! ( Je vous épargne la traduction : Hazard Analysis and Critical Control Point)".
"OK, Sylvie, tu revois tout ça, mais tu n'oublies pas que nous faisons des produits fermiers, que nous y tenons énormément".
Le but du jeu, ( c'est sérieux! ) est de déterminer dans un processus de fabrication, voire de production du lait, les points critiques et ne pas y arriver. ( tu peux m'expliquer ?)
Il faut identifier et analyser les dangers (biologique, physique ou chimique) associés aux différents stades du processus de production d'un produit alimentaire, définir les moyens nécessaires à la maîtrise de ces dangers; s'assurer que ces moyens sont effectivement mis en œuvre et sont efficaces.
Et le tour est joué !.
Bien, vivement Noël, une petite pause.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2000
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie neuve ? où en est-tu?
Les plans sont prêts, la banque aussi (moins quand même), on attend encore un peu... quelques détails à régler... Et puis je suis seul maintenant. 
Tien voilà Christophe et puis François.
"Nous avons une ferme nous aussi, si tu veux on peux t'aider à produire le lait dont tu as besoin pour tes produits, elle est jolie ta laiterie (?) avec tes quotas et les nôtres, cela nous fait 630.000 litres de lait à produire et à transformer, qu'en penses-tu ?"
Mais c'est bien sur! je vais pouvoir transformer plus de lait et peut-être réaliser un de mes rêves (cf. année 1985), fabriquer un fromage et en plus je vais pouvoir amortir ma (future) laiterie avec tout ce lait.
"Moi, je veux bien, si vous êtes sûr de vouloir vous lancer dans l'aventure."
Mars 2000, l'instant est solennel, Jean-François, Christophe et François signent les quelques pages concrétisant le regroupement de leurs exploitations pour la création du nouveau GAEC qui portera désormais le nom de "ferme de la Craulée".
"Dis-donc Jean-François, nous on a la mise aux normes de notre bâtiment d'élevage à faire, et puis il nous faudrait un peu plus de place pour toutes les vaches que nous allons avoir, et puis notre matériel est un petit peu vieux aussi, si tu pouvais retarder un peu ta laiterie, cela nous arrangerait..."
"Non non et re-non, cette fois j'ai le petit quelque chose qui me manquait, je construis ma laiterie et on verra plus tard pour votre mise aux normes."
Un énorme semi-remorque tente une approche à la ferme de la Craulée, à son bord, un énorme bulldozer. Un autre semi-remorque suit de près, chevauché par un énorme Cylindre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

...Un peu de patience....
...L'aventure continue...