Nouvelle étape pour le nouveau G.A.E.C. Le
Craulois.
Le circuit de commercialisation doit prendre
de l'ampleur, car la demande existe, mais il faut livrer la marchandise pour pouvoir la
vendre.
Jean-François passe déjà une bonne partie
de la journée sur les routes avec la petite camionnette aménagée en isotherme. Un
camion réfrigéré serait mieux adapté au travail mais cela coûte très cher et il faut
remplir le camion pour rentabiliser l'investissement.
Sur la route, lors des petits ( tout petit ! )
arrêts café, coutumiers des livreurs, Jean-François fait la connaissance d'Alain.
Alain lui aussi, s'était installé à
son compte en 1985 comme distributeur pour différents produits laitiers de différentes
marques.
"Tu assureras la distribution des
produits laitiers fermiers "Le Craulois" si tu es d'accord. Tu me vends ton
vieux camion frigorifique et je te livre nos produits tout frais tous les soirs."
Le nouveau produit de l'année : le flan aux
ufs nature. C'est parti !
Je produis, tu transformes, il vend... nous
résumons.
Le nouveau produit de l'année : la faisselle
fermière au lait entier. Quel boulot !
Rien de neuf mis à part quelques détails.
Jean-François, Pierre, Patrick, Jean-Pierre,
Alain, quelques stagiaires, la petite ruche s'active.
La production du GAEC Le Craulois est à son
apogée , l'étable de 60 places est complète la production de lait est de 420.000 litres
dont 380.000 litres transformés et le reste vendu en laiterie.
Les objectifs, cette année là sont
recentrés sur la production de lait. Améliorer la qualité fromagère par le mode
d'alimentation du troupeau.
L'assolement des terres ( la rotation des
cultures ) est revue. D'avantage de céréales (blé orge et avoine) transformés en
complément d'une ration d'herbe fraîche et de maïs ( les mauvais jours d'hiver ).
Rien de neuf, une vingtaine de petits veaux
naissent chaque année à la ferme, l'atelier de transformation manque un peu de place
pour envisager la création de nouveaux produits.
Des nuages sombres pointent à l'horizon...
les normes Européennes... on en parle.
Jean-François est ombrageux !
Mettre l'atelier de transformation aux normes
Européenne est un chantier trop important, il faut tout reconsidérer, car un tel
investissement ne peut être mis en uvre sans déstabiliser l'ensemble de la
structure.
On réfléchit dans le petit bureau du GAEC.
On réfléchit toujours au petit bureau du
GAEC.
"Nous allons convertir notre
production à l'agriculture Biologique, cela pourrait relancer les ventes..."
Jean-François ronchonne ! non ! ce ne sera
pas l'agriculture biologique qui nous sortira d'affaire, nous sommes des fermiers, nous
fabriquons du fermier, nous resterons des fermiers!
Un copain ( salut François...) lui propose
un peu de capitaux pour l'aider à construire une laiterie flambant neuf mise à
disposition du GAEC.
OK ! pour la laiterie, on se prend à
rêver de ce bel outil neuf.
Jean-François est un peu moins
"ronchon", mais il y a comme un petit quelque chose dans l'air qui ne le
satisfait pas. Un peu de découragement je crois, tout cela manque singulièrement de
motivation.
Une année se passe, les plans sont presque
établis, la vie suit son cours.
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie
neuve ? où en est-tu ?
Les plans sont prêts, la banque aussi, on
attend encore un peu... quelques détails à régler...
Jean-François ronchonne toujours, il
manque toujours ce petit quelque chose...
Entre temps, le travail continue,
rendez-vous est pris avec le laboratoire d'analyses bactériologiques.
"Vous nous assurerez le suivi
régulier de la qualité bactériologique de nos produits, vous venez quand vous voulez,
au hasard mais régulièrement, vous nous prenez quelques échantillons de
produits que vous analysez."
L'attente est longue pour les résultats.
Le verdict tombe : "conforme à la législation en vigueur".
Bon, nous travaillons bien mais ça n'est
jamais acquis.
Une grande inquiétude envahit le GAEC,
Pierre, l'associé de Jean-François, reste malade, une longue maladie...
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie
neuve ? où en est-tu?
Les plans sont prêts, la banque aussi (?),
on attend encore un peu... quelques détails à régler...
Jean-François ronchonne encore.
Au mois de Juillet, Pierre décide de
quitter le GAEC, son état de santé ne lui permet plus d'assurer son travail.
Merci de tout cur Pierre, le parcours
que nous avons fait ensemble a été fantastique, merci encore!
Jean-François reste seul au GAEC, enfin
presque, il y a Patrick, Jean-Pierre et Janick, Janick ???
Oui, Janick a rejoint l'équipe on ne sait
plus très bien quand, ni comment, peu à peu...
"Je vais t'aider dans la
commercialisation de tes produits, cela me plaît beaucoup, tu es un homme franc, tu as
des produits de qualité et de caractère, ils ont leur place dans les rayons mais tu ne
sais pas très bien y faire pour les y mettre. Il faut revoir le "packaging", le
"marketing" , le "merchandising" et les tarifs aussi".
"OK, Janick, tu revois tout ça, mais
tu n'oublies pas que nous faisons des produits fermiers, que nous y tenons
énormément."
Tien, voilà la sécurité (sanitaire).
Bon, c'est quoi ça encore ?
Quelle année, allez on continue...
"C'est bien de faire des analyses de
tes produits..."
(c'est Sylvie qui parle, une copine de
François, si, si, celui qui a voulu apporter ses capitaux pour construire la laiterie...
Quelle laiterie ?)
"... mais si tu as un problème, il
est déjà trop tard, ils sont déjà dans le circuit et tu dois les retirer".
"Alors, tu mets en place la méthode
H.A.C.C.P. ! ( Je vous épargne la traduction : Hazard Analysis and Critical Control
Point)".
"OK, Sylvie, tu revois tout ça, mais
tu n'oublies pas que nous faisons des produits fermiers, que nous y tenons
énormément".
Le but du jeu, ( c'est sérieux! ) est de
déterminer dans un processus de fabrication, voire de production du lait, les points
critiques et ne pas y arriver. ( tu peux m'expliquer ?)
Il faut identifier et analyser les dangers
(biologique, physique ou chimique) associés aux différents stades du processus de
production d'un produit alimentaire, définir les moyens nécessaires à la maîtrise
de ces dangers; s'assurer que ces moyens sont effectivement mis en uvre et sont
efficaces.
Bien, vivement Noël, une petite pause.
Dis-donc Jean-François, et cette laiterie
neuve ? où en est-tu?
Les plans sont prêts, la banque aussi
(moins quand même), on attend encore un peu... quelques détails à régler... Et
puis je suis seul maintenant.
Tien voilà Christophe et puis François.
"Nous avons une ferme nous aussi, si tu
veux on peux t'aider à produire le lait dont tu as besoin pour tes produits, elle est
jolie ta laiterie (?) avec tes quotas et les nôtres, cela nous fait 630.000 litres de
lait à produire et à transformer, qu'en penses-tu ?"
Mais c'est bien sur! je vais pouvoir
transformer plus de lait et peut-être réaliser un de mes rêves (cf. année 1985),
fabriquer un fromage et en plus je vais pouvoir amortir ma (future) laiterie avec tout ce
lait.
"Moi, je veux bien, si vous êtes sûr de
vouloir vous lancer dans l'aventure."
Mars 2000, l'instant est solennel,
Jean-François, Christophe et François signent les quelques pages concrétisant le
regroupement de leurs exploitations pour la création du nouveau GAEC qui portera
désormais le nom de "ferme de la Craulée".
"Dis-donc Jean-François, nous on a la
mise aux normes de notre bâtiment d'élevage à faire, et puis il nous faudrait un peu
plus de place pour toutes les vaches que nous allons avoir, et puis notre matériel est un
petit peu vieux aussi, si tu pouvais retarder un peu ta laiterie, cela nous
arrangerait..."
"Non non et re-non, cette fois j'ai le
petit quelque chose qui me manquait, je construis ma laiterie et on verra plus tard pour
votre mise aux normes."
Un énorme semi-remorque tente une approche à
la ferme de la Craulée, à son bord, un énorme bulldozer. Un autre semi-remorque suit de
près, chevauché par un énorme Cylindre.
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